Samuel Logan Brengle – Les tentations de l’homme sanctifié

tentation« Comment un homme ‘mort au péché’ peut-il être tenté »? me demandait, il y a peu de temps, un chrétien sincère, mais non sanctifié. « Si les penchants mêmes et les dispositions au péché sont détruits, que reste-t-il en l’homme qui puisse répondre aux sollicitations du malin » Tout homme doit en venir à se poser la question tôt ou tard. Lorsque Dieu m’en indiqua la réponse, Il répandit une grande clarté sur ma route, me rendant capable de vaincre Satan dans maintes batailles rangées.Les tentations ordinaires aux autres hommes n’éveillent plus d’écho chez le croyant véritablement sanctifié et « mort au péché« . Ainsi que Paul le déclare: « Il ne lutte pas contre la chair et le sang -contre les tentations sensuelles, charnelles et mondaines qui exerçaient précédemment un si grand. pouvoir sur lui -mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Eph. 6:12). S’il était autrefois adonné à la boisson, la tentation de s’enivrer ne l’effleure plus. S’il était autrefois orgueilleux et vain, prenant plaisir au luxe des vêtements et des bijoux, l’éclat trompeur, la vaine pompe et la gloire de ce monde ne l’attirent plus; car ses affections vont aux « choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre » (Col. 3:2). Ces dernières n’ont désormais pas plus d’attrait pour lui que les breloques de métal, les plumes d’aigle et les tatouages d’un Peau-Rouge. S’il aspirait autrefois aux honneurs et à la louange des hommes, il les considère comme de la boue et des scories, aujourd’hui qu’il peut gagner Christ et obtenir l’honneur qui vient de Dieu seul.

S’il recherchait jadis la richesse et ses aises, il renonce aujourd’hui joyeusement au luxe et à toutes les possessions terrestres, afin d’avoir son trésor dans le ciel et de ne pas être embarrassé par les « affaires de la vie, s’il veut plaire à Celui qui l’a enrôlé » (2 Tim. 2:4). Je ne dis point, par là, que Satan ne se serve plus des plaisirs charnels et des honneurs mondains pour engager l’âme à abandonner Christ, car il essaiera toujours. Je veux dire plutôt que l’âme « morte au péché » et chez qui les racines mêmes du mal sont arrachées, ne répond plus aux suggestions de Satan; elle les rejette aussitôt. Satan peut essayer son pouvoir en lui envoyant quelqu’un pour la séduire, comme ce fut le cas pour Joseph en Egypte, mais, comme lui, l’homme sanctifié fuira, disant: « Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu »? (Gen.39:9). Satan lui offrira peut-être, comme à Moïse en Egypte, une grande puissance, des honneurs et des richesses, mais les comparant à la plénitude infinie de gloire et de puissance qu’il a trouvée en Christ, l’homme sanctifié repoussera aussitôt les offres du diable: « . . . aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir pour un temps la jouissance du péché, regardant l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l’Egypte » (Héb. 11 :25-26). Satan pourra encore tenter l’homme sanctifié par les vins exquis et les viandes délicates de la demeure d’un roi, mais, tel Daniel à Babylone, il décidera « de ne pas se souiller par les mets du roi et par les vins dont le roi buvait » (Dan. 1:8). Toutes ces amorces mondaines, Jésus les connut (Mat. 4:1-11 et Luc. 4:1-13); mais nous voyons, par le récit des apôtres, qu’il triompha glorieusement des suggestions du tentateur. Comme Jésus, l’homme sanctifié repoussera les tentations de Satan et remportera la victoire, car Christ Lui même est venu habiter dans son coeur pour combattre avec lui; il peut donc maintenant répéter avec son Maître: « Le prince du monde vient. Il n’a rien en moi » (ln. 14:30). En effet, il a trouvé en Christ une telle satisfaction, une telle paix, une telle joie, une telle consolation, une telle pureté, une telle puissance, que celle de la tentation, sous les formes diverses qu’elle revêtait auparavant, est complètement brisée; il jouit maintenant de la liberté des enfants de Dieu; il est libre autant qu’un archange du ciel, car celui que le Fils affranchit est véritablement libre (ln. 8:36). Et « c’est pour la liberté que Christ nous a affranchis » (GaI. 5 :1). Mais si l’homme sanctifié, affranchi par le Christ, n’a plus à combattre contre les anciennes passions mondaines et les appétits charnels, il doit cependant soutenir une lutte constante contre Satan pour conserver cette liberté! C’est ce que Paul appelle: « Le bon combat de la foi » (1 Tim. 6:12).

  • L’homme sanctifié doit lutter pour garder la foi dans l’amour du Père.
  • Il doit lutter pour garder la foi au sang du Sauveur qui purifie.
  • Il doit lutter afin de préserver sa foi en la puissance du Saint-Esprit pour sanctifier.

Pour n’être pas extérieure, cette lutte n’en est pas moins aussi réelle que celle des plus sanglantes mêlées humaines, et ses conséquences pour le bien et le mal s’avèrent infiniment plus importantes. Par la foi, l’homme sanctifié se voit « héritier de Dieu et cohéritier de Christ » (Rom. 8:17) en toutes choses. Son Père céleste et son héritage céleste deviennent pour lui de telles réalités que l’influence des choses invisibles surpasse celle des choses qu’il perçoit de ses yeux, entend de ses oreilles et touche de ses mains. Il répète avec Paul et réalise pleinement en son coeur que « les choses visibles sont passagères » et périront bientôt, mais que « les choses invisibles » à notre oeil naturel se découvrent aux yeux de la foi, qu’elles « sont éternelles » (2 Cor. 4:18) et subsisteront quand tous « les éléments embrasés se dissoudront » (2 Pi. 3:10), et « les cieux seront roulés comme un livre » (Esa. 34:4). Or, par leur nature même, ces choses ne peuvent se révéler qu’à la foi; mais aussi longtemps que l’homme sanctifié les tient ferme, la puissance de Satan ne s’exerce pas sur lui. Le diable le sait très bien; c’est pourquoi il entreprend une attaque systématique contre la foi de l’homme nouvellement sanctifié. Lorsque la conscience de ce dernier sera aussi paisible que celle d’un ange, Satan l’accusera d’une transgression volontaire de la loi de Dieu, sachant que, s’il parvient seulement à lui faire écouter cette accusation et à lui enlever la foi au sang de Jésus qui purifie, il le tient à sa merci. Satan accusera ainsi l’homme sanctifié pour le persuader ensuite que ce n’est pas lui, mais le Saint-Esprit qui le condamne. Il est « l’accusateur des frères » (Ap. 12:10). Il y a toutefois ici une différence essentielle à observer.

  •  Le diable nous accuse de péché.
  •  Le Saint-Esprit nous condamne à cause du péché.

​Si je mens, si je m’enorgueillis ou viole un des commandements de Dieu, le Saint-Esprit me condamne aussitôt. Satan m’accuse quand je n’ai pas de péché et qu’il ne peut prouver ses accusations. Par exemple, un homme sanctifié parle à un pécheur au sujet de son âme et le supplie de fuir la colère à venir en donnant son coeur à Dieu; mais le pécheur refuse. Alors Satan commence à accuser le chrétien: « Si tu avais su parler à ce pécheur comme il convenait, il serait sûrement venu à Dieu ». Inutile d’argumenter avec le diable. La seule chose à faire est de rejeter son accusation et de venir au Sauveur avec cette prière: « Seigneur, tu sais que j’ai fait ce qui était en mon pouvoir; si je me suis trompé ou que je n’ai pas trouvé les mots qu’il fallait, je crois que Ton sang me purifie en ce moment ». Si, dès le début des accusations de Satan, l’homme résiste de cette manière, sa foi remportera une victoire; il se réjouira de savoir que le sang de Jésus l’a purifié et que la puissance du Saint-Esprit le garde; mais s’il écoute le diable jusqu’à ce que sa conscience et sa foi en soient l’une et l’autre atteintes, il lui faudra du temps pour retrouver la force qui le rendra capable de pousser des cris de joie et de triompher de la puissance de l’ennemi.

Quand Satan aura ébranlé la foi de l’homme sanctifié, il attaquera ce qui est l’essence même de Dieu. Il lui suggérera que le Père ne l’aime pas de cet amour puissant qu’Il avait pour son Fils, contrairement aux affirmations positives de Jésus. Ensuite, il suggérera peut-être que le sang de Christ ne le purifie pas de tout péché, que le Saint-Esprit ne peut garder, ou du moins, ne garde personne sans tache et sans reproche, et qu’après tout, il n’est pas de vie sainte dans ce monde. La foi ainsi touchée, la prière secrète de l’homme sanctifié perdra une grande partie de la bénédiction qui lui est assurée; son ardent désir d’agir sur les âmes s’émoussera; la joie de rendre témoignage à Christ diminuera, et la sécheresse du langage remplacera son brûlant témoignage; la Bible cessera d’être une source constante de force et d’inspiration. Puis le diable l’entraînera à commettre réellement le péché, en l’amenant à négliger quelques-uns de ses devoirs. Malheur à la foi de l’homme qui prête l’oreille à  Satan et s’abandonne au doute! S’il ne crie pas à Dieu de toute son âme, s’il ne sonde pas sa Bible pour connaître la volonté de Dieu et chercher ses promesses, plaidant jour et nuit comme Jésus « qui, dans les jours de sa chair, présentait avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort » (Héb. 5:7), s’il ne répond pas à Satan par la citation des promesses divines, et ne ferme pas résolument l’oreille à toute suggestion de doute, ce n’est plus pour lui qu’une question de temps: avant peu, il se trouvera parmi ceux qui paraissent vivants mais, en réalité, sont morts (Ap. 3: 1), « qui gardent l’apparence de la piété, mais renient ce qui en fait la force » (2 Tim. 3:5); il figurera bientôt parmi ceux dont la prière et le témoignage sont stériles; dont l’étude de la Bible, les exhortations et les oeuvres sont mortes, parce qu’il n’y a plus en eux de foi vivante; ou bien encore il deviendra un véritable rétrograde.

Que fera l’homme sanctifié pour avoir la victoire sur le diable? Ecoutez ce que dit Pierre: « Soyez sobres, veillez [c’est à- dire tenez les yeux ouverts]. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme » (1 Pi. 5:8-9). Ecoutez ce que dit Jacques: « Résistez au diable et il fuira loin de vous » (Jac. 4:7). Ecoutez Paul: « Combats le bon combat de la foi » (1 Tim. 6:12); « Le juste vivra par la foi » (Rom. 1:17); « Prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin » (Eph. 6:16).  Ecoutez Jean: « La victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi » (1 Jn. 5:4); « Ils l’ont vaincu [le diable, l’accusateur des frères] à cause du sang de l’Agneau [sang auquel ils croyaient d’une foi enfantine] et à cause de la parole de leur témoignage [car si un homme ne rend témoignage, sa foi périra bientôt] et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort » (Ap. 12:11). Mais ils obéirent à Dieu, quoi qu’il leur en coûtât, renonçant à tout pour Lui.

L’auteur de l’épître aux Hébreux attache la même importance au témoignage, quand il dit: « Retenons fermement la profession de notre espérance » (Héb. 10:23). « Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un coeur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant » (Héb. 3:12). « N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération » (Héb. 10:35).

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